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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 02:16

Chèr.e.s lectrices, lecteurs,

 

Tout d'abord, merci à vous toutes et tous d'être aussi nombreu.ses.x à venir sur ce blog. Cela fait très plaisir. Je tenais par ce billet, vous informer du fait qu'offensive libertaire est actuellement en pause. Aucun article ne sortira avant plusieurs semaines. Je suis navré pour les lectrices/lecteurs régulier.e.s, mais de temps en temps, des vacances sont nécessaires.

Pour autant, ceci n'est absolument pas la fin de l'aventure du blog commencé il y a presque trois ans maintenant. D'ici quelques temps, vous pourrez trouver de nouveaux articles, de nouveaux dossiers et de nouvelles pages. Ce n'est qu'une affaire de semaines.

 

À très bientôt !

 


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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 15:26

http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/135121/mn/1229257340/Pause.jpg

Offensive libertaire fait une petite pause pour une amélioration du contenu et du design. Cette pause s'inscrit dans un projet d'amélioration de la qualité des informations qui vous sont fournies ainsi que l'amélioration du design du blog .

Merci de votre compréhension à toutes et tous chers lecteurs/lectrices qui êtes de semaines en semaines de plus en plus   nombreu-x-ses à venir sur offensive libertaire.

Vous pouvez en attendant retrouver l'auteur sur twitter : @Antifa_Besak 

 

A très bientôt.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 18:21

Le « Secteur Vidéo » confédéral de la CNT, c'est quoi ?

 

 

Depuis quelques années, des syndicalistes de la CNT produisent de la vidéo à caractère syndical mais pas seulement. Un grand nombre de ces vidéos est visible sur des sites d’hébergement gratuits parfois peu recommandables mais, pour les « sans pognon », c'est encore le seul moyen d'exister sur la Toile.

En octobre 2010, la CNT décide de se doter d'une commission confédérale « Secteur Vidéo » qui  répond à un quadruple besoin :


- mettre un espace de travail collaboratif à disposition des « vidéastes » de la CNT,
- mutualiser leurs productions ainsi que leurs compétences techniques et syndicales,logo-secteur-video-cnt
- diffuser ces productions par le biais d’un site CNT      spécifiquement dédié à la vidéo,
- s'opposer à la propagande de l'État et du patronat délivrée à travers les mass-médias.

 

En février 2011, sur la base de l'entraide, du volontariat et du savoir faire, deux camarades du Syndicat de l'Industrie Informatique (SII-CNT) aident la commission « Secteur Vidéo » à élaborer son site. Salah en construit l'architecture et Karine en crée le logo et la maquette.

À cette époque, la CNT dispose déjà de plusieurs outils médiatiques. Citons par exemple :
- un secteur « propagande » (pour la production et la diffusion d’affiches et d’autocollants),
- un secrétariat « de relations avec les médias » (pour la diffusion de communiqués de presse),
- un journal mensuel confédéral (« Le Combat syndicaliste »),
- une revue théorique confédérale (« Les Temps maudits »),
- des revues locales, régionales et fédérales (comme « N’Autre école », la revue de la fédération éducation).
- des émissions radiophoniques transmises par des stations associatives indépendantes dans plusieurs villes.

Depuis le 18 mars 2011, le site « Secteur Vidéo » s’ajoute à cette liste d'outils médiatiques.

Présentement, nous constatons que la Confédération Nationale du Travail est encore très marginalisée dans les mass-médias et que le traitement dont elle fait l’objet sur le plan audio-visuel est souvent négatif ou erroné, voire proche du « tout et n'importe quoi » ! Comme beaucoup d'autres sites CNT (syndicats, fédérations...), le « Secteur Vidéo » te fera donc découvrir une autre réalité de la CNT par la diffusion centralisée de vidéos présentant les différentes luttes dans lesquelles ses syndicats se sont engagés en France, et dans le reste du monde en lien avec ses organisations sœurs,

Déjà réalisées ou à venir, les productions vidéos de documentaires, films de fiction et créations artistiques en lutte ont bien sûr toute leur place ici. Tu trouveras aussi sur ce site de l'information purement syndicale ainsi que des liens nous semblant cohérents avec notre démarche.

Le « Secteur Vidéo » est autogéré par des syndicalistes de la CNT sur leurs heures de loisirs. Nous ne sommes pas des professionnels de la vidéo, mais de simples militant.e.s luttant avec un caméscope au poing !

 

Tu peux commenter les vidéos présentes sur le site et/ou les télécharger librement. Tu peux aussi nous en proposer d’autres en écrivant à secteur-video@cnt-f.orgCette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. et nous te répondrons très rapidement.

 

CNT SECTEUR VIDEO

 

Bon visionnage « en rouge et noir » !

Confédération Nationale du Travail

Secteur Vidéo

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 17:15

 

Communiqué suite à article mensonger du Progrès

 

Contrairement à ce qu’affirme la jour­na­liste du Progrès, Annie Demonfaucont, qui a gros­siè­re­ment déformé les propos qui lui ont été tenus, aucun membre de la CGA n’a jamais affirmé que les cama­ra­des arrê­tés «tenaient des bâtons dans la main qu’ils ont trou­vés sur place mais ne s’en sont pas servis».

 

La seule chose à laquelle il a été fait réfé­rence est le mon­tage poli­cier qui a consisté à ramas­ser des mor­ceaux de bois trai­nant dans un buis­son à proxi­mité du lieu d’inter­pel­la­tion pour pré­ten­dre qu’il s’agis­sait d’armes por­tées par les cama­ra­des. La police ayant elle-même tel­le­ment du mal à défen­dre sa ver­sion selon laquelle ces mor­ceaux de bois seraient des armes qu’elle en est arri­vée à détruire elle-même les «pièces à convic­tion».

 

Par ailleurs et contrai­re­ment à ce qu’affirme l’arti­cle en ques­tion, aucun affron­te­ment n’a eu lieu ce soir-là entre mili­tants anar­chis­tes et mili­tants d’extrême-droite, de l’aveu même de la pré­fec­ture qui n’a fait état d’aucun inci­dent.

 

Nous deman­dons donc un droit de réponse et la publi­ca­tion d’un démenti dans le Progrès.

 

La Coordination des Groupes Anarchistes
Rebellyon, 19 janvier 2011.
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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 19:24

 

À l’heure où la guerre sociale, jusque-là latente, éclate au grand jour en passant de basse à moyenne intensité dans tous les pays d’Europe Occidentale, où la montée de la fronde insurrectionnelle anticapitaliste et antiautoritaire se précise avec une force irrésistible, nos ennemis ne se contentent pas de constater mais se préparent, expérimentent et s’arment en conséquence.

 

L’État consolide ses outils de répression, les généralise, et durcit sa position, dans la continuité sans surprise de sa logique de contrôle et de terreur, afin d'assurer la bonne marche de la machine capitaliste-totalitaire.

 

Après des manifs monstres, actions directes et émeutes par affrontements directs et tactiques (beaucoup de préparation pratique et collective) d'autodéfense (par le Book-Block avec boucliers et casques, notamment) en Angleterre, Italie et Grèce, avec une concentration des combats de rue à Londres, Rome et Athènes, force est de constater que la guerre sociale est totale, se généralise et se radicalise. Sont-ce là les prémisses de grandes insurrections généralisées européennes ?

 

Cette question est pratique, collective, immédiate et locale avant d'être globale.

 

Dans ce genre de contexte, la capacité de réaction immédiate pour manifester notre solidarité en attaquant localement le pouvoir d'État est essentielle. Dès lors, il est stratégiquement prioritaire de consolider nos forces de frappe locales, qui permettra une meilleure coordination des actions, notamment régionales et transfrontalières. Comment faire subsister localement et fédéralement un climat d'agitation révolutionnaire ? Il est intéressant pour répondre à cela de tourner plus rigoureusement nos regards vers les TAZ et bastions autonomes en Allemagne, Italie ou Grèce.

 

Il est primordial de se réunir régulièrement pour des discussions strictement pratiques d'auto-organisation et d'établir collectivement nos priorités, auxquels chaque groupe affinitaire peut se coordonner tout en gardant son autonomie afin de déstabiliser dans la durée l'ordre social et répressif. Que ce soit en Allemagne, en Suisse, en Italie ou en Grèce, nous voyons déjà plusieurs pistes qui montrent leur efficacité : prendre et aménager un Squatt politique, lieu d'organisation matérielle et de réunion (ou un local, un bâtiment, une salle à squatter-occuper dans nos lieux de travail et d'études, par exemple la fac de Lettres de Freiburg est occupée politiquement et sert de QG de lutte permanent) ; créer des espaces de vie, de débat et de création alternatifs et autonomes (tels librairie autogérée, café-bar autogéré, kiosque alternatif, etc.) ; créer dans des endroits qui restent à définir (appartements-«planques» au loyer payé par cotisation, greniers, caves, locaux sûrs, ou autres) des ateliers de presse et de sérigraphie, permettant d'avoir une autonomie de tirage papier pour affiches, tracts et brochures, et de lancer des journaux subversifs de rue ; dans beaucoup de villes ils parviennent même à créer des «Radios Rouges», antennes pirates d'information et de débat ; etc.

 

Toute cette organisation horizontale et autonome peut permettre d'élargir notre force de frappe, par des soupes-bouffes populaires, teufs sauvages de rue, affichages-taguages massifs, détournements de pubs à grande échelle, actions de solidarité selon le contexte, consolidation pratique de luttes locales (avec les sans-papiers, les étudiants, les lycéens, des salariés en grève dure, etc.), projections sauvages de film en pleine rue ; évènements Reclaim The Street ou festivals alternatifs ; salle de concert autogérée ; etc. etc.

 

Ce genre de stratégie locale, évidente depuis longtemps pour la plupart des villes dans les pays frontaliers, paraît encore timide et récente en France, même si ça commence à venir (Lyon, Dijon, Besançon, Rennes, Montreuil…). L'attentisme proportionnel à l'ultra-activisme-radical lors de mouvements sociaux est dû à l'éclatement épars des énergies.

 

Sur Strasbourg, nous avons le site Alsace Libertaire, une structure horizontale Legal Team (à consolider), la tactique Bloc en manif, mais il nous manque un local de réunion et de vie permanent, même si la salle autonome et alternative de concert et spectacle Molodoï existe, avec les squats de la Route des Romains et la salle autogérée Chez Mimir. Mais comme dans beaucoup de villes, chacun de ces îlots-TAZ reste coupé les uns des autres. En tout cas, c'est à débattre.

 

Par ailleurs, des réunions de tactiques de terrain sont également nécessaires :

 

La guerre sociale est totale, et de nombreux textes critiques d’analyse stratégique et tactique circulent déjà entre les différents groupes autonomes. Il s'agirait de débattre collectivement et horizontalement de tactiques de terrain dans des situations d’affrontement direct avec la police militarisée les plus diverses.

 

Que ce soit par les mouvements étudiants, lycéens, de chômeurs, de précaires, salariés ; lors de manifs sauvages, d’occupations, de blocages, de piquets de grève ; lors des sommets altermondialistes et la réappropriation locale de leurs outils tactiques de lutte de terrain ; lors d’actions commandos, de manif avec ou sans Bloc ; il s’agit désormais d’être capable de penser collectivement nos expériences de lutte en vue de tactiques réactives et horizontales contre la police et tous les types de répression possible.

 

S’il est clair que militairement parlant, du point de vue technique et matériel, la police a l’avantage, elle n’en reste pas moins fondamentalement vulnérable, peu habituée à être attaquée, peu rassurée à perdre l’initiative, préférant reculer que se laisser isoler ou prendre entre deux feux. L’idée n’est donc pas de chercher à vaincre militairement la police lors de batailles de rue, mais de se réapproprier de manière pratique notre capacité d’autodéfense face aux différentes tactiques de répression de terrain. La question qui nous importe est celle de l’initiative à nous réapproprier, à garder et à développer, afin d’élargir et consolider notre force de frappe.

 

Face aux tactiques policières, et selon nos objectifs et la signification politique de nos actions, développons et approprions-nous des réflexes d’autodéfense pratique. Il est intéressant de noter que les cortèges «étudiants» à Londres ou Rome sont systématiquement équipés de boucliers individuels et collectifs, de banderoles renforcées, de casques, de fumigènes, permettant d'établir dans la durée un rapport de force stable et solide.

 

La police n’est que le bras armé du pouvoir d’État que nous combattons.

 

Tactiques, car nous savons être capable de penser, transmettre et partager des outils d’autodéfense face à la police militarisée ; Guérillas, car si nous assumons la guerre sociale qui est notre seule réalité dans laquelle nous avons pris position, nous ne sommes d’aucune armée et ne cherchons pas à conquérir le pouvoir mais à le détruire, en défendant physiquement et tactiquement les moyens d’émancipation et de réalisation qui nous semblent justes et appropriés selon nos situations locales et globales.

 

L'heure n'est plus aux plates-formes de revendication mais aux plates-formes d'organisation offensive.

 


 

Détruis ce qui te détruit.

Autonomia et Basta !


 

guitoto - jeudi 16 décembre 2010.
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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 01:35

Cette brochure est un pot-pourri de réflexions et de suggestions, jetées dans l'océan de textes que contient déjà le samizdat, afin de susciter le débat, d'énerver, de donner des réponses ou simplement partager des constats. Elle revient sur quelques idées et modes de fonctionnement qui ont montré leurs failles et essaye d'apporter un semblant d'analyse au pourquoi de ces faillites. A dévorer ou brûler, mais ne pas jeter sur le sol.


Face à nous : l'Etat démocratique totalitaire.


Le contrôle n'est plus à découvrir, nous en avons tou.te.s fait l'expérience. Il imprègne la société, s'exerce quotidiennement sur chacun.e d'entre nous. Il est incarné non seulement par les forces de l'ordre, mais aussi par une masse non quantifiable de fonctionnaires zélé.e.s, d'agents de sécurité privés, de citoyen.ne.s délateur.e.s, etc.
Du Pôle Emploi à la CAF, en passant par l'Ecole et la préfecture, nous sommes tou.te.s dans des fichiers, des cases que des agents ou serviteur.e.s de l'Etat remplissent scrupuleusement de nos données personnelles chaque fois qu'il nous faut entamer des démarches pour obtenir des subsides, pour survivre, pour avoir une existence sociale. Chaque administration nous a attribué un matricule et une carte à puce qu'il suffit d'insérer dans une base de donnée pour savoir qui nous sommes. En vérité nous sommes libre tant que nous ne demandons rien, tant que nous n'avons besoin de rien. Mais cette société créant le besoin, nous sommes chaque jour obligé.e.s de quémander, de solliciter de l'aide auprès des institutions, pour se loger, pour manger, pour être soigné.e.s... Nous créons volontairement les conditions de notre contrôle, car nous sommes rendu.e.s dépendant.e.s d'un système qui vole notre intimité en échange de ce dont nous avons besoin.


Et le contrôle n'est pas seulement administratif. Il passe par les objets que nous consommons, par les caméras qui nous regardent, les téléphones que nous utilisons. Tout ce qui fait notre environnement est construit pour nous englober dans un système parfait ou tout est prévu, calculé, mis aux normes. L'État, la société et ses « citoyen.ne.s », veulent avoir une maîtrise de tout. On ne veut plus laisser de place à l'improvisation, à la surprise, aux conflits. Tout doit être prévisible ou tout au moins corrigible. Corriger et arrondir les angles, c'est le rôle social joué par toute une armée d'expert.e.s, de spécialistes, de conseiller.e.s, de managers, de coachs, de psychologues, d'assistant.e.s sociaux, d'éducateur.e.s, etc. De leur travail dépend le maintien d'un ordre social rassurant. C'est tout l'enjeu de la paix sociale : faire que les facteurs de risque soient entièrement effacés de notre quotidien. Et cela va jusqu'à une modification du langage : on ne dit plus « chômeur/se » mais « demandeur/se d'emploi », « patron.e » mais « entrepreneur/se », « syndicat » mais « partenaire social », « licenciement » mais « plan de restructuration », « grêve » mais « mouvement social », « guerre » mais « opération de pacification », etc. Tout semble aller bien, ou mieux qu'avant. La démocratie prend alors une dimension totalitaire où tout peut être mis sous contrôle, pourvu que « tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».


La contre-insurrection fonctionne


Et quand nous choisissons de remettre en question cet état des choses, par la désobéissance, le sabotage ou l'opposition frontale, les Uniformes sont là pour nous en dissuader ou pour nous punir. Ils ont été consciemment et lentement incrustés dans les espaces publics, devant et à l'intérieur des administrations, au coin de la rue et jusque dans la sphère privée, par le biais d'agences de sécurité. Puis les autorités ont créé des zones sensibles, des situations d'urgence, des plans vigipirates, légitimant ainsi le maintien de ces forces armées sur le long terme, de façon permanente. Cet état des choses demande qu'on fasse les parallèles nécessaires avec d'autres situations qui ont eu lieu par le passé et qu'on ne fasse plus la distinction entre les différentes forces en présence, pour ne considérer qu'un fait : nous sommes sous occupation et la zone d'occupation s'étend chaque jour davantage. En réalité nous sommes en guerre, une guerre larvée, silencieuse, qui ne prend personne à témoin et qui oppose un État et ses sbires à une minorité de résistant.e.s. Les résistant.e.s sont peu nombreux/ses et sont aussitôt extrait.e.s de l'espace public pour être puni.e.s à l'ombre. Comparutions immédiates, procès à huis-clos, silence des médias... Dans cette guerre, comme dans toutes les guerres, il y a aussi régulièrement des victimes collatérales, des gen.te.s qui n'ont rien à voir avec la résistance, qui passaient là au mauvais moment et ont pris les coups de batons destinés aux autres. Mais ces victimes, quand bien même elles portent plaintes ou s'expriment sur un plateau télé, ne sont pas assez pour qu'il y ait une prise de conscience collective du conflit qui se joue. Leur isolement les éloigne d'une reconnaissance publique et bruyante de leur statut de victime. Après être passé.e.s, peut-être, sous le feu des médias pour quelques heures ou quelques jours, elles rejoindront peut-être la masse anonyme des résistant.e.s ou choisiront de « ne pas donner suite », intimidé.e.s par le poids des procédures et l'indifférence d'une « opinion publique » qu'elles croyaient sensible.


Pour les résistant.e.s, la répression est féroce et les punitions sont souvent lourdes. La justice ne sermonne pas, elle frappe. Quatre à quinze années de prison ferme pour jet de projectile ou destruction de biens publics. Les tribunaux usent, comme la police, d'une violence systématique. Et personne ne s'en offusque. Les médias se taisent et les représentant.e.s politiques soutiennent les décisions de justice, demandent plus de sévérité encore. La démocratie ne supporte pas d'être critiquée. Toute personne qui la remet sincèrement en cause est simplement bannie, car elle est « le meilleur système qui soit ». Alors quand l'opposition se veut radicale, qu'elle exige la fin de l'État, on lui envoie les troupes, comme au début du 20ème siècle quand la république noyait dans le sang la colère des ouvriers. Les matraques, les balles en caoutchouc et le gaz ont remplacé les fusils, mais la violence reste identique : bras, jambes et nez cassés, traumas crâniens, plaies et brûlures, yeux arrachés... La réalité démocratique n'est pas belle à voir, mais encore faut-il avoir les bonnes sources d'information pour découvrir cette vérité : l'État démocratique est une dictature qui ne s'assume pas et comme toute dictature, il use de propagande pour se faire accepter, pour convaincre de son bienfondé et cacher ses erreurs. La télévision a trouvé sa place dans tous les foyers et même dans la chambre des enfants. Par cette fenêtre l'Etat démocratique distille sa pensée unique et détermine ce qui est bien ou mal, ce qui est légal ou non, ce qui est démocratique ou ce qui ne l'est pas. Les médias forgent le/la citoyen.ne, lui inculquent les valeurs de la République et du Marché : voter, produire, consommer, placer son argent, marcher dans les clous et croire en l'économie mondialisée. Toutes les extravagances sont permises tant qu'on accepte ces quelques idées et tant qu'on ne « trouble pas l'ordre public ».


Résister, c'est troubler l'ordre public


On en vient à ce qui nous préoccupe vraiment, à savoir l'expression illégale du désaccord avec cet ordre existant. Il ne suffit pas d'être en désaccord pour constituer une opposition valable, car encore faut-il exprimer ce désaccord de façon à remettre en cause le pouvoir, c'est-à-dire en gênant son bon fonctionnement. Pour cela, il faut pouvoir assumer le fait d'enfreindre les règles instaurées par le pouvoir, donc d'être dans l'illégalité. Ce n'est qu'au moment où on s'oppose sans en avoir l'autorisation qu'on constitue un « trouble à l'ordre public ». Toute personne qui exprime son désaccord dans les cadres fixés par la démocratie n'est pas un opposant, mais tout juste un pantin qui s'agite et entretient le spectacle de la fausse contestation. Celui ou celle qui accepte de troubler l'ordre public se place véritablement sur le chemin du changement social. Tout le reste n'est que cirque médiatique, représentation ou hypocrisie : voter pour l'alternance, manifester sur le parcours autorisé par la préfecture, négocier avec le patronat ou la police, faire signer des pétitions, publier des tribunes dans les médias de masse, se mettre en grève pour une journée...


Ne plus se jeter dans la gueule du loup...


Cela pose la question de notre participation à des manifestations autorisées. Elle n'a de sens que pour maintenir notre appartenance à un groupe (conserver des relations régulières), tisser des liens (faire connaissance avec de nouvelles personnes), propager des informations (par le bouche-à-oreille) ou se donner un alibi (apparaître aux yeux des autorités comme un militant ordinaire et tout a fait inoffensif). Ce sont les contacts qu'elles nous permettent d'entretenir qui doivent motiver notre participation à de telles manifestations. La manif est un bon cadre pour se donner des rendez-vous, fixer des rencarts, sans avoir recours aux technologies de communication. On se voit, on s'échange les infos nécessaires, puis on retourne vaquer à ses occupations. Quant à s'illusionner d'une possible massification et espérer rassembler plus de participant.e.s d'une manif sur l'autre, cela revient à croire aux lendemains qui chantent et constitue une perte de temps et d'énergie considérable. Si l'on n'a personne à rencontrer ou avec qui bavarder, la manif telle qu'on la connait ne sert plus guère à grand chose. Elle n'est qu'un défilé de bonnes consciences. Si l'on veut exprimer ses idées, convaincre, parler à la population, un tractage sur le trottoir ou une intervention surprise dans un événement « culturel », sur un plateau télé ou dans une conférence politique, avec un discours,des banderoles et des tracts, sont bien plus efficaces. Se promener en troupeau dans la rue n'a jamais eu pour effet de propager des idées. C'est un entre-soi confortable qui n'appartient pas ou plus au domaine de la lutte.


... et former une meute de renards.


Quant aux manifestations non autorisées, sauvages ou spontanées, si elles constituent une bonne mise en pratique du trouble à l'ordre public (ce qu'on veut provoquer), elles représentent désormais une aubaine pour les autorités en mal de répression et sont un véritable traquenard dans lequel nous sommes nombreux à tomber régulièrement. Elles offrent au pouvoir la possibilité de nous anéantir sans faire trop d'effort : se donner un rendez-vous dans un espace public pour partir en manifestation sauvage est une façon de s'offrir en pâture à nos ennemis. Elles sont un piège à plusieurs égards : l'utilisation de moyens de communication pour s'informer du rendez-vous revient à inviter l'ennemi au lieu prévu ; le laps de temps entre le moment du rendez-vous et le départ en manif expose dangereusement les personnes les plus ponctuelles ; le faible effectif de personnes participant généralement à ce type de manif offre une proie facile aux forces de police toujours en surnombre et beaucoup plus préparées ; la forme-manif vise – en théorie - à défiler en exprimant des idées alors que le contexte de la manif illégale (tension, répression, vitesse, masques) ne donne que peu de prise avec la population et déforme le message qu'on prétend – théoriquement toujours – porter. En bref, la manif spontanée et illégale n'a de sens que si elle a un objectif déterminé et si son parcours et ses moyens d'autodéfense ont été préparés à l'avance. Il ne s'agira pas alors d'une manifestation (en vue de manifester des revendications), mais une « horde » (sur le modèle des marches antifascistes en Russie) avec une cible en vue, cherchant à agir plutôt qu'à convaincre. Tout collectif appelant à ce type de horde devrait avoir préparé son coup et ne pas avoir laissé de doute sur la forme du rassemblement : ses participants doivent pouvoir se préparer et fonctionner
collectivement en bonne intelligence avec tous les autres. Le moindre doute sur l'objet du rassemblement amènera nombre de ses participants à subir d'autant plus fortement la répression. Qu'on se le dise : l'appelisme mène directement en prison.


Le Black bloc : une démarche isolationniste ?


Forcément, après avoir parlé des manifs-traquenards, on ne pouvait éviter le sujet « Black bloc ». Ce n'est pas à défaut d'y avoir participé, mais plutôt avec une forte autocritique qu'on ajoute ce paragraphe au reste. C'est notamment à partir d'une série de questionnements récents sur notre participation à plusieurs Black blocs qu'est née la volonté de rédiger ce texte. On s'est aperçu en effet que cette méthode, si tactiquement elle comporte certains avantages, présente beaucoup de défauts. Trop souvent, le Black bloc ne sait pas où il va et ne sait pas réellement ce qu'il veut. Il erre entre les barrages de flics pour infliger des coups là où l'ennemi présente des failles, mais n'a aucune infrastructure propre, se laisse porter par les hasards du terrain et se fait aussi bien souvent piéger, dans la mesure où l'ennemi trace son parcours depuis le ciel ou tout au moins grâce à des technologies de surveillances disposés un peu partout dans les villes qu'il traverse. Bien souvent le Black bloc souffre d'un fort manque de cohésion entre ses participant.e.s, ce qui scinde rapidement le bloc en plusieurs hordes distinctes et isolées les unes des autres par le terrain et les forces de l'ordre. Les plus faibles ou les moins grégaires sont souvent les plus touché.e.s par la répression, car le bloc ne s'embarrasse pas toujours des moins « guerrier.e.s » et trace sa route en les laissant derrière lui. Il ne prend pas assez le temps de se réorganiser régulièrement et de prendre des décisions sur la suite des événements. Si ce n'est pas systématique, c'est pourtant souvent ce qui se produit.


Mais surtout, le Black bloc ne colle pas aux valeurs et idées que nous prétendons porter. Son fonctionnement paramilitaire et viriliste, renforcé par l'uniforme noir, va dans le sens de ce que nous cherchons à éliminer dans la société qui nous entoure, à savoir les comportements machistes, belliqueux et grégaires. Les grandes gueules et les têtes brûlées mènent bien souvent la danse, mettant en avant l'adrénaline sur la technicité, renonçant à ce qui a donné naissance au black bloc, à savoir la nécessité d'agir collectivement de façon stratégique et puissante, mais surtout réfléchie, par la prise en compte de toutes les sensibilités et de toutes les aptitudes. Enfin, personne ne peut nier l'aspect anxiogène du black bloc, qui provoque une angoisse considérable parmi la population. Si nous cherchons à terroriser le pouvoir et sommes de ce fait des « terroristes », notre objectif n'est nullement de terroriser la population. On ne peut pas partir du principe que la population « est assez intelligente pour comprendre » sans faire preuve de mépris envers ceux qui ne comprennent pas notre démarche. Le black bloc ne porte aucune message intelligible. Il constitue une force anonyme, orientée dans un même désir de sabotage massif et collectif et donne la possibilité d'accomplir collectivement les actes de sabotage que certains (beaucoup?) font en groupe affinitaire près de chez eux, mais il ne donne aucun moyen à la population d'adhérer à cette démarche, dans la mesure où celle-ci n'est pas invitée à partager ses motivations. Et le masque noir joue un rôle majeur dans cet isolement du black bloc.


Si à ses débuts, la cagoule avait pour avantage de protéger ses participant.e.s de la répression ciblée, on sait combien cette protection est désormais relative. Sans parler des nouvelles technologies permettant de reconnaître les personnes au travers de leur camouflage, la simple reconnaissance de la morphologie et des différents vêtements (même s'ils sont noirs) permet aux flics de trouver ceux et celles qu'ils recherchent à partir d'images. Mais aussi et surtout, la cagoule ne protège pas la personne qui la porte avant et après la manifestation : attrapée masquée en début ou fin de manif ou repérée au moment de mettre ou d'enlever le masque, elle n'a aucun moyen véritable d'échapper à ceux qui sont déterminés à la retrouver. Le masque est en réalité une illusion de protection dans un monde où tous les moyens sont mis au service de la répression. A partir de ces constats critiques, certain.e.s ont décidé de renoncer à la méthode black bloc, sans pour autant renoncer à la tactique du bloc, qui constitue une des meilleures défenses face à la répression en manif. Il serait très positif de la partager et de l'améliorer, voire de la rendre systématique.


Battre le pavé quand même...


La question qui émerge de ces tristes constats est fatalement la suivante : faut-il continuer à descendre dans la rue ? La réponse est clairement « oui », car il faut tenir la rue, ne pas l'abandonner au pouvoir et à ses flics. Seulement il nous faut réfléchir à la forme que prend notre présence dans la rue, dans la mesure où la répression est systématique et violente. Préparer nos sorties (en déterminant un lieu de rassemblement initial qui ne soit pas une place publique, mais un endroit relativement à l'abri : squat, parc, hangar, parking ?) et déterminer des cibles (sans se soucier du calendrier des puissants : G8, G20, etc.), les accompagner d'opérations de tractage, privilégier le foulard, le casque et des habits ordinaires à l'uniforme noir (à l'image des zapatistes), prendre le temps de constituer et reconstituer un bloc tout au long du parcours, former des groupes de liaison pour faciliter les prises de décision rapides sans laisser le champ-libre aux grandes gueules, diffuser les pratiques d'autodéfense et surtout, continuer de croire en la sympathie de la population pour notre révolte.


...et pas que le pavé !


En dehors des actions collectives, il faut multiplier les actions directes individuelles ou par petits groupes affinitaires, apprendre à reconnaître l'ennemi, cibler ses points faibles. Préparer son coup en essayant de tout prévoir, notamment les conditions de repli. Agir spontanément, mais toujours prudemment. Être réactif à l'actualité et rendre coup pour coup, harceler les autorités et cibler là où ça fait mal, les prendre au dépourvu là où elles ne s'y attendent pas. Il faut surtout prévoir un accoutrement qui ne sert qu'à ça et qui est cachée ailleurs que chez soi : la vidéosurveillance, la filature et la perquisition sont les pires énnemis de l'activiste. Enfin, il faut savoir renoncer en cas de doute ou d'hésitation, prendre le temps de bien faire, annuler s'il y a le moindre imprévu par rapports aux plans. S'y reprendre à plusieurs fois avant de lancer une attaque, ça peut épargner une vie. Le pouvoir ne nous donnera pas une seconde chance : s'il peut nous détruire, il le fera sans hésiter. Contrairement à l'adage, la prison n'est pas une université. Elle nous détruit plus qu'elle ne nous apprend, alors si on peut l'éviter c'est mieux. Il faut continuer de croire à la propagande par le fait : plus il y aura d'actions qui marchent et plus elles seront expliquées à la population, plus nous avancerons. Cela nécessite d'alterner l'action directe avec la propagande. Il faut inonder les rues de nos idées, enrichir le samizdat en diffusant des analyses critiques de ce que l'on a fait, afficher des journaux muraux, accompagner nos actions de tags et de communiqués anonymes (publiés avec les précautions nécessaires), mais pertinents. Et ne jamais céder à l'orgueil de se faire connaître : récolter des éloges ou obtenir un semblant de reconnaissance est un premier pas vers la prise de pouvoir ou la prison. Ni le pouvoir ni l'absence de liberté ne peuvent motiver nos actions. Et la lutte pour nos idées se passe de logos.


Saboter tant qu'on peut


L'Etat moderne-républicain-démocratique-capitaliste-libéral est une grosse machine qui se nourrit de vies humaines. Elle exploite l'humain.e jusqu'à l'usure totale, puis s'en débarasse. Elle consomme de la main d'oeuvre et produit du/de la consommateur/trice, mais n'en a que faire de l'insoumis.e, du/de la faible ou du/de la fainéant.e. Elle les éjecte, puis les écrase. Cette machine est complètement détraquée, mais il est impossible de l'arrêter, car nous sommes dépossédé.e.s de la gestion de nos vies. Il faut donc la neutraliser. Ou que nous soyons, il est indispensable d'en saboter les rouages. Le sabotage, s'il est fréquent et s'il se généralise, finira par arriver à bout du système. Après tout, n'est-ce pas le sabotage qui a permis aux résistant.e.s de la seconde guerre mondiale de freiner, puis de neutraliser l'expension du fascisme (avant même l'arrivée des américains) ? Résister n'est pas tout, il faut savoir aussi simplement désobéir, ralentir la cadence, bâcler, endeômager les outils qui permettent notre asservissement. Etre négligeant au travail fait partie du sabotage nécessaire. Plus les effets du sabotage sur les déficits économiques seront visibles, plus la crise du capitalisme sera réelle. Le changement aura lieu lorsque nous cesserons de subir la crise et que nous en aurons la maîtrise.


Ne pas oublier, ne pas pardonner


Parce qu'on ne peut ignorer l'histoire et parce qu'il faut rappeler que le passé est parsemé de violences à l'encontre des partisans de la liberté, il peut être bon de rappeler régulièrement à la mémoire des passants que tel ou tel lieu a été le théâtre de « violences républicaines » et que la « belle société » d'aujourd'hui s'est construite dans le sang de ceux qui n'ont pas cru en l'illusion démocratique servie par les capitalistes et de ceux qui ont été tués pour que celle-ci survive : les communards, les anarchistes, les déportés, les algériens, les immigrés... L'Ecole n'enseigne pas l'histoire aux enfants, mais seulement la propagande de l'Etat, ses mythes et légendes, en occultant des pans entiers de son triste passé : l'esclavage, l'exploitation, les massacres, les guerres, les colonies. Rappeler partout où c'est possible que le pouvoir est mensonge et oppression, en brisant les stelles qui commémorent les morts français de la « décolonisation », en arrachant les plaques de rues qui rendent hommage à des salauds, en redonnant leur place à tous les oubliés du capitalisme...


Adopter une posture schizophrène


Malgré les technologies, la police est une vieille dame. Elle fonctionne encore avec de mauvais fichiers et comprend mal nos modes de fonctionnement, cherche toujours des leaders ou des têtes pensantes, fonctionne à l'intuition. C'est pourquoi le mieux est de brouiller les pistes, d'avoir l'air d'un quidam. C'est tentant d'expérimenter la vie en marge, de s'extraire de la société pour vivre en accord avec ses idées et principes, de refuser de cohabiter avec les cons, de squatter et d'emmerder l'administration, de profiter au plus possible de la vie sans se faire exploiter et sans jouer l'esclave. Et pourtant c'est une prise de risque, c'est une invitation à la suspicion, aux regards de travers, à la délation. Les flics ne soupçonneront pas celui qui vit parmi les capitalistes, s'habille et travaille comme un capitaliste. Dans une société qui punit si promptement l'insoumission, qui condamne pour un pet de travers, et qui pourrait bien un jour rétablir le délit d'opinion ou relancer la chasse aux sorcières, ceux qui passeront pour être des capitalistes seront les moins inquiétés. Tous les autres pourraient être raflés sans autre forme de procès et sont dés-à-présent déjà fichés comme marginaux, par le simple fait que leurs idées se déduisent de leur apparence ou de leur mode de vie. On le constate déjà par la fréquence des contrôles d'identité subis par ceux qui portent des dreadlocks, des casquettes ou des habits larges. Le flic juge au faciès. Alors il est plus que prudent d'adopter une posture schizophrène, de se prévoir un alibi, de « ne pas avoir l'air de ce qu'on pense ». Il n'est pas question de déguisement, ce qui serait une trahison, mais d'éviter d'être identifiable par notre apparence.


Tuer le politique en nous


La politique, c'est la gestion de la cité. Faire de la politique, cela sous-entend participer à la vie de la société en acceptant ses cadres. C'est jouer le jeu de la représentation en acceptant les règles de la démocratie représentative : voter, formuler des revendications, établir un projet ou un programme, créer son parti, mener campagne et en définitive lutter pour le pouvoir. Faire de la politique, c'est donc lutter pour accéder au pouvoir. Or on sait que le pouvoir corrompt nécessairement celui qui le conquiert, car il implique la gestion de la vie de tous par une élite, par quelques-uns. Même élues, ces quelques personnes sont illégitimes, car personne n'est ni légitime ni apte pour décider de la vie des autres. Bientôt 150 ans de démocratie nous ont bien montré qu'aucun pouvoir, qu'aucune alternance politique, n'était en mesure de changer le système et de mettre fin à l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est bien connu : si les élections pouvaient changer la vie, elles seraient interdites. Alors vient la question : pourquoi cette foi inébranlable en la politique a-t-elle subsisté à plus d'un siècle de déceptions et de violences ?


Il est temps d'envisager la lutte sous un autre angle, de ne plus combattre les personnes au pouvoir, mais le pouvoir en lui-même. Il n'y a pas de démocraties et de dictatures, de bons et de mauvais pouvoirs politiques, il n'y a que des Etats. Le Pouvoir et l'Etat, par essence, sont une tyrannie. Continuer de voter, croire que le résultats des urnes peut tout changer et s'en remettre aux personnes élues, c'est non seulement une erreur, mais également une folie. Mais au delà de ça, il est aussi folie de considérer qu'il existe une autre façon de faire de la politique, qu'il existe un « contre-pouvoir » qui serait plus démocratique que le Pouvoir. C'est toute la folie du mouvement altermondialiste de penser qu'il suffit de réformer les modes de gouvernement pour changer la face du monde. Il ne doit plus y avoir aucun gouvernement ! Gouverner, représenter, dicter, décider sont des mots qui appartiennent à la terminologie du Pouvoir politique, de la dictature.


Jusque parmi les anarchistes, beaucoup se qualifient de « militant.e.s politiques ». Beaucoup disent « faire de la politique », défendent le concept même de politique, alors qu'il faut simplement l'abolir. Nous sommes politisés (dans la mesure où nous portons notre attention sur et contre le monde politique), mais nous ne faisons pas de la politique. Nous devons combattre l'illusion du « politique » construite par la démocratie capitaliste et ne propager que des modes de fonctionnement « purement » autogestionnaires, parler de fédérations de communes, de mutuelles, de collectifs, de conseils de rues et de quartiers. Il faut déconstruire le mandat représentatif en faveur du mandat impératif et le vote en faveur du consensus. Personne ne décide, si ce n'est tout le monde. Le politique (ce qui est relatif à l'Etat) doit céder le pas à la gestion collective des affaires publiques (ce qui est relatif à l'ensemble des êtres humains).


C'est donc important de ne plus se considérer comme partie intégrante de l'échiquier politique, comme ayant une place à revendiquer parmi ceux qui veulent gouverner. Nous ne sommes ni de gauche (qu'elle soit extrême ou ultra) ni de droite, nous n'avons rien à revendiquer, ni même de programme à proposer. Nous luttons pour faire tomber le pouvoir et la représentation politique, afin d'avoir l'espace, la liberté et le temps de créer collectivement un projet de société viable, un nouveau moyen de fonctionner ensemble.


Maintenant qu'on a fini d'intelle  ctualiser la lutte,


si on allait se faire un cocktail...

 

(source :  interstice )

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 04:32

 

 

http://www.cnt69.org/images/rebellyon%20logo.jpg

 

 

 

 

 

jl

 

 

 

 

 

11 sept 2010

 

 

 

 

 

 

 

La CNT 25

 

 

 

 

 

 SCALP BESAK

 

 

 

 

 

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Anthropologie du présent

 

 

 

La bas si j'y suis

 

 

Fragments de tags

 

 

 

etc (liste non bouclé)

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 08:30

This is England'86

 

 

POUR LES SKINHEADS DE L'ESPRIT DE 69 ( NO RACISM) :

 

 

 

 


http://www.horscircuits.com/boutique/client/gfx/photos/produit/hc1100_2250.jpg?PHPSESSID=2a9455af35a3fb7fb8b972ce4002282f

 

Après This is England, ce réalisateur britannique revient sur la vie de jeunes Anglais en 1986, sur fond de chômage, de rock et de crise économique. Le cinéma social dans toute sa force.

 

non disponible en France

disponible en cliquant ici en DVD zone 2 (dont fait partie la France) / anglais sous titres anglais

un peu cher : 25 euros mais peut aller pour un cadeau en avant première.

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 16:30

 

Une rentrée en souffrance et périlleuse pour profs et élèves ! Voilà ce que relatent les nombreux témoignages des nouveaux enseignants qui ont pris leur poste au 1er septembre. La faute à la « mastérisation », nouvelle modalité de recrutement et de formation pour le secondaire tracées par les décrets du 28 juillet 2009 et la circulaire du 20 août. Au-delà des conséquences désastreuses vécues au quotidien dans les classes, la « mastérisation » offre un parfait condensé de l’offensive libérale à l’œuvre dans le secteur de l’éducation. Et ce en plusieurs domaines.

D’abord en termes d’économies budgétaires. Le néo-professeur doit désormais assumer sans formation un temps quasiment complet variant autour d’une moyenne de 15 heures selon les académies. Cela permet au gouvernement de supprimer l’équivalent d’environ 8000 postes. Dans le même temps... (lire la suite)
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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 23:26

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BLOG : CASA MARULAZ

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